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Voyager avec ses ados

Toutes les 6 semaines les écoliers scolarisés dans le système des lycées français à l’étranger se retrouvent en vacances. Vous me direz, c’est la même chose qu’en France, étant donné que le calendrier scolaire des écoles et lycées  du réseau AEFE, http://www.aefe.diplomatie.fr/guide.php est similaire à celui des écoles, collèges et lycées basés en France. Une seule exception, me semble t-il, dans cette belle harmonie administrative, la Nouvelle Calédonie et La Réunion qui ont leurs grandes vacances et leur fin d’année scolaire en décembre.

Bref, voici le problème posé : 15 jours de vacances, 6 semaines de travail.

Parfait, me direz-vous, pour le respect des rythmes de nos chers petits et grands. Je suis d’accord sur le fond mais notre bon ministre de l’éducation n’a pas pensé au respect du rythme de vie des pauvres parents de ces chers enfants. L’écolier ou lycéen non expatrié en profitera pour aller voir ses grands parents, ses amis ou, mieux, suivre quelques séances de travail bien organisées par un organisme sérieux pour renforcer ses compétences ou combler ses lacunes . Son homologue expatrié, est lui, seul au bout du monde, sans famille, avec des amis certes, mais sans cours de soutien.

Que faire alors de tout ce temps libre ?

1/ Si ses parents ont la chance d’avoir autant de vacances que lui, ils pourront profiter ensemble pour voyager aux alentours et découvrir de nombreux pays. Les voyages forment la jeunesse et allègent le porte monnaie des valeureux travailleurs expatriés. On ne commentera pas plus loin.

2/ Si les parents ne peuvent s’octroyer de nombreuses vacances, leurs enfants pourront bien sûr faire des activités éducatives avec le parent qui ne travaille pas (mais qui se lasse étant donné la fréquence des congés et qui a tout d’un coup un besoin urgent de se rendre à ses activités http://expat.tartouille.com/2009/09/de-la-dure-vie-dune-femme-dexpatrie-et-de-ses-nombreuses-activites/)

Heureusement les enfants d’expatriés savent s’occuper tout seuls comme des grands : soit à faire leurs devoirs de vacances de façon autonome (peu probable), soit en allant voir leurs amis oisifs dans la même situation,  ou parfois … en passant du temps devant une console de jeux ou derrière des jeux en ligne.

Dans tous les cas, c’est le bonheur pour eux car sans parents ou avec un parent à mi-temps voire moins (avouons le, on est soudainement ravie d’avoir nos activités à ne surtout pas manquer pendant les vacances), nos chers petits n’ont pas de grands parents ou étudiants sérieux et recommandés pour les surveiller.

On se fie donc au personnel de maison, bonne ou chauffeur, ou mieux bonne et chauffeur, quand on en a, pour encadrer nos chérubins, en sachant bien sûr que l’enfant est roi pour nos employés, peureux de se faire virer s’ils s’opposent aux volontés de ces petits chefs … Mais pour une fois, on mettra de côté nos sacro-saint principes d’éducation.

A défaut de personnel, le parent indigne ou inquiet se consolera plus ou moins avec un téléphone portable, en priant pour que le réseau ne lâche pas. Ce dernier ustensile n’a absolument aucune vertu de sécurité, il rassure juste les parents et leur donne bonne conscience. Nos enfants ou ados expatriés ont donc une liberté quasi totale et assurée. Mais après tout, ils ne sont pas fils ou filles d’aventuriers pour des prunes …

Et heureusement on a inventé Facebook pour que nos enfants abandonnés pendant les vacances aient un miminmum de contacts sociaux sans bouger de chez eux. Je suis d’ailleurs très impressionnée de voir la taille des réseaux de notre progéniture, réseau acquis en 3 semaines, là où nous avons besoin, nous, dinosaures préhistoriques de la communication virtuelle, de plus de 5 mois pour nous faire des amis sur ce réseau.

Tout ça pour dire que les vacances scolaires des enfants d’expatriés, ce n’est pas si simple, et que l’on aimerait bien avoir de temps en temps des grands parents dévoués et téléportables.

Comment bien éduquer ses enfants à l’étranger

Ouh là là, quel titre pompeux.  Ayant beaucoup papoté avec les copines cette semaine, je me suis rendu compte que nous abordions régulièrement deux sujets de conversation :

- Eduquer ses enfants

- Le mari qui bosse trop.

On commencera par le premier, qui ma foi, a la taille du désert de Mongolie.

Le gros problème des enfants en expat, c’est le personnel. On a les problèmes qu’on peut,  me direz-vous. Mais le boy ou la maid ultra efficaces peuvent vous saper tous les bons principes de base que vous avez essayé d’inculquer péniblement à vos enfants, sans grand succès mais on y croit… du genre, mettre un minimum le couvert, mettre son linge sale dans un panier, les rouleaux de PQ à la poubelle, ranger sa chambre, vous aider à décharger le coffre des courses, vous préparer les repas et vous apporter le petit déj au lit. On peut rêver n’est ce pas ?

 Si vous avez du personnel et après plusieurs années d’expat, vos petits chéris ne savent plus rien faire et la réadapation en France est douloureuse, car vous aussi vous ne savez plus rien faire, ou plutôt, nuance, vous ne voulez plus rien faire. Le fer à repasser c’est comme le vélo…

Ca m’est arrivé : j’avais donc un cuisinier, homme de ménage, nounou en Afrique qui ne pouvait s’empêcher de tout ranger  même malgré mes nombreuses interdictions concernant les chambres des enfants, dans un but hautement pédagogique. Pour la mienne, c’est différent, je sais que je sais la ranger… J’en suis venu à menacer mon gaillard de le virer si je le voyais à l’oeuvre, rien n’y a fait, je ne l’ai pas renvoyé, j’ai juste fermé les yeux.

Résultat, comme je l’avais anticipé, le retour en France entre  deux pays a été très difficile , non pas pour des raisons de réintégration culturelle ou de style de vie  ou d’horaires ou de niveau scolaire ou je ne sais quoi mais à cause d’un problème de chaussettes sales qui trainaient dans les couloirs. C’est dangeureux, on peut se casser la jambe avec des trucs pareils.

Bilan des courses, à Singapour pas de maid à plein temps qui fait tout et tout le monde débarasse et je mets le linge dans la machine, résultat on a de nouveau des culottes qui deviennent roses et des billets de banque trempés (à noter que ceux de Singapour sont très résistants, je félicite au passage la banque centrale). Ben oui, je fais ça vite fait mal fait, mais j’ai pas fais les bonnes études, c’est vrai quoi !!!

 Et oui, on a les problèmes que l’on mérite…