Mon premier post vidéo pour rappeller que l’expatriation n’est pas toujours une partie de plaisir. Mieux vaut être au courant avant de partir.
Il est vrai que tout cela peut en refroidir plus d’un, d’un autre côté dans les pays dits dangereux, la prime d’expatriation est plus conséquente, sans parler des avantages en nature : qui n’a jamais rêvé d’un Hummer blindé pare balles pour aller faire ses courses au Carrefour ?
Vaste sujet me direz-vous, mais j’ai décidé aujourd’hui de dire la vraie vérité à savoir : l’expatriation, ça peut être très dangereux pour les couples. Imaginez le tableau :
La famille Chabada part en expat, Monsieur est nommé grand chef dans une contrée lointaine, Madame abandonne son douillet cocon, ses petites habitudes et son job. Notez que ça peut être l’inverse mais c’est tout de même plus rare, on ne le dira jamais assez.
Les petits nains chéris s’arrachent aussi de leur terre natale, mais heureusement ils ont le droit d’emporter avec eux leur doudous. Avec un doudou, on voyage partout….
Arrivée dans les terres hostiles, la famille Chabada plante son tipi. Monsieur Chabada délaisse à Madame le soin d’organiser la vie quotidienne, ranger les provisions de la chasse dans les placards du tipi, délimiter le périmètre de sécurité et de jeux pour les nains Chabada, dire bonjour à la voisine du tipi d’à côté, bref toutes ces petites tâches matérielles et quotidiennes qui feront sans nul doute, pense t-il, le bonheur rassurant de Madame Chabada. Pendant ce temps là, Monsieur Chabada part à la chasse, en gros il part bosser dans un bureau avec un air important.
Quel bonheur pour Madame Chabada : en partant dans des contrées exotiques, son Chabada Chéri est devenu grand chef ! Enfin !
Mais malheureusement, un grand chef Chabada, qui chasse sur des terres vierges, est une proie très convoitée par toutes les tigresses du coin. Et Madame Chabada n’est pas tout à fait une tigresse, du moins pas encore… Elle n’en est pas plus gourde et au bout d’un certain temps à ruminer dans son tipi, Madame Chabada se rend compte que son Chabada chéri a le regard qui s’égare en direction des tigresses sautillantes. Deux solutions s’offrent à elle : baisser les bras ou se battre:
A/ Baisser les bras et renoncer à reconquérir Monsieur Chabada, c’est justement ce qu’elle attendaitcar elle aussi a repéré de son côté un jeune lion qui rode tous les jours autour du tipi … Mesdames, je vous laisse fantasmer sur tous les beaux hommes exotiques que vous avez déjà croisés…
B/ Se battre et ne pas laisser son Chabada Chéri dans les bras d’une entreprenante tigresse. Tous les moyens sont bons, analyse en 10 points, ça marche aussi quand on n’est pas expatriée:
Le rendre jaloux en jetant son dévolu sur un jeune lion ou un vieux singe toujours séduisant, en faisant semblant bien sûr ! Au bout d’un moment, Madama Chabada risque de se retrouver dans la situation A, après tout c’est bien fait pour Monsieur Chabada
Allez chasser à sa place, faire en sorte qu’il perde son boulot et en retrouver un pour soi. Fatigant ! Madame Chabada était justement bien contente de décorer son tipi, du moins au début.
Ne pas le laisser partir seul, l’accompagner à la chasse, et dans tous ses déplacements, ou même, ne pas proposer et y aller d’office. Bref sortir ses griffes et montrer qui est le vrai chef dans la famille Chabada !
Le mettre devant les conséquences de ses actes : c’est moi ou la tigresse, je repars au pays voir ma Maman. Attitude risquée, plus d’une sont reparti illico presto avec leur valise. C’est aussi risqué pour Monsieur Chabada qui se rend rapidement compte, qu’avec sa jolie tigresse, il a hérité d’une nouvelle famille de 35 personnes à entretenir ! Il se met même à regretter son ancienne belle-mère, Mamie Chabada et est rapidement mis en demeure de verser la pension. Bref il est presque ruiné.
Semer la zizanie en présentant à Monsieur Chabada d’autres tigresses, ça peut être très drôle. Ne pas y prendre goût.
Rester Zen et attendre que ça passe, mais accueillir le soir glacialement Monsieur Chabada qui finira par se poser des questions et engagera peut-être la conversation voire une opération de reconquête. C’est la solution psy, il faut y croire…
Se faire une vraie fausse petite déprime histoire qu’on s’occupe enfin de vous mais ne pas sombrer dans la vraie dépression.
Acheter Monsieur Chabada, en avoir les moyens, et lui faire comprendre qu’on est beaucoup plus riche que sa tigresse. Au besoin, s’inventer un héritage.
Jouer le sentiment à l’extrême et mettre en avant le malheur causé par Monsieur Chabada qui rend affreusement désespérés ses petits nains chéris, même s’ils ont leurs doudous. Il sera également responsable de leur futur échec scolaire et de leur incapacité à stabiliser leur vie affective, autant cupabiliser dans les grandes largeurs.
Le séduire par des moyens extrêmement coquins et des poses suggestives, à mettre en pratique sous le tipi ou ailleurs. Se munir d’accessoires, on en trouve partout dans le monde et passer vigoureusement à l’action. Après tout, on a toutes une tigresse qui sommeille en nous. C’est à mon avis la meilleure solution, mais la décence m’oblige à m’arrêter là.
Bon, enfin, ça n’arrive pas tous les jours ce genre d’histoire mais on n’est jamais trop prudent. Mesdames Chabada, restez vigilantes dans votre tipi et surveillez tout cela discrètement mais sûrement. Le conseil vaut pour vous aussi Messieurs Chabada. Bonne nuit à tous et bonne journée à ceux qui partent chasser.
Pas tout le temps il est vrai mais aujourd’hui je me sens l’âme d’une ménagère de plus de 40 ans frustrée. Normalement quand on est une ménagère de plus de 40 ans, on est la chouchoute des directeurs de magasins, la diseuse de bonne aventure des pros du marketing, le porte monnaie à pattes, bref on se sent aimée !
Et pourtant la réalité est tout autre. Plus le temps passe, plus mes expéditions au Carrefour prennent l’allure d’un parcours de combattant ou d’une dépression en live. Hier nous avons atteint, Carrefour et moi, le summum de l’incompréhension. Voici mes griefs :
1/ j’aime bien l’Asie mais la musique chinoise à fond les mannettes, en boucle permanente, me tape sur les nerfs, surtout quand on tombe sur un caddie qui roule mal.
2/ toutes les semaines les produits changent de place comme par magie. Je les soupçonne de se déplacer la nuit, insatisfaits de leur position, histoire de voir de nouveaux horizons. Le produit le plus mobile du Carrefour est la compote, allez savoir pourquoi, elle est passée du rayon conserves, au rayon biscuits, puis confitures et maintenant elle a atteri dans les bonbons et sucreries. A mon avis il y a un problème de fond quant à la classification de ce produit, problème qui mériterait un débat approfondi de personnes compétentes. (c’est creux comme phrase mais ça fait bien). En 3 mois les compotes ont parcouru pas moins de 70 m, pas mal pour une compote non ? Bilan de la course, je cours après les compotes avec mon caddie.
3/ des produits disparaissent : en ce moment c’est la moutarde et la ratatouille. Et comment faire quand on est une bonne ménagère expatriée et française pour vivre sans moutarde ! Le pire c’est que peu de temps avant la disparition de la moutarde, Carrefour offrait des supers promos dilapidant des stocks entiers de bonnes moutardes bien fortes à 1,5 dollar. Désormais je noie mon chagrin moutardesque dans de la moutarde à 8SGD, moins de 10 pots hier au rayon moutarde.
4/ d’autres produits sont en totale rupture : hier c’était les yaourts et les pâtes feuilletées. L’avion n’est pas arrivé (ceci dit la semaine dernière non plus, bizarre) . Après 10 ans d’expat, on attend avec impatience l’heure hebdomadaire du yaourt, vendu tout de même à 7SGD soit 3,5 Euros les 4 yaourts nature de base marque Carrefour. Ok ils sont bons, ils sont chers, mais on est une ménagère frustrée du yaourt alors on investit et on le déguste en 10 minutes ! Et quand le yaourt ne se montre pas vaillant au petit rayon frais, prêt à être happé par une main impatiente, le désespoir nous envahit. Profitez, français de France, de vos rayons engorgés, que dis-je, dégoulinant de yaourts, vous ne savez pas à quel point ce produit est rare. Finalement faire ses courses c’est un TP d’économie, on voit à quel point la rareté fait le prix…
Imaginez ensuite la déception de mes nains chéris quand je leur annonce qu’il n’y a plus de vrais yaourts, les larmes coulent ! J’ai l’impression d’être une mère misère incapable de nourrir ses poussins piaillant dans le nid.
Revenons à nos courses, on descend l’étage épicerie, on quitte l’odeur du durian, la musique chinoise est toujours là et on se dirige tranquillement avec un chariot rempli à ras bord (en fait de poussins, j’ai des ogres) vers la caisse. Au passage on craque devant une petit short ras les fesses, manque de bol il n’ont pas le XXL, ce n’est pas aujourd’hui encore qu’on va se remettre au sport, non pas par manque de volonté mais par manque d’équipement ! Je précise pour mes lecteur français que le XXL asiatique est un M en Europe, mais je frôle le hors sujet. Donc on poursuit son trajet et on arrive devant les caisses.
5/ Une fois de plus Carrefour vous déçoit, il est 12h30 mais les livraisons, c’est fini pour aujourd’hui.
Arggh. Je tente alors une négociation à la française du genre : » c’est un scandale, vous indiquez que les livraisons ont lieu jusqu’à 3PM et il n’est que 12PM – un peu de mauvaise foi - » Maamm (ça veut dire Madam !) it’s upon avaibility » . La disponibilité des livreurs, c’est comme l’informatique dans l’administration française, ça a bon dos pour tout ce qu’on a pas envie de faire au jour dit. Mais la dadame ne sait pas qui elle a en face d’elle (même si je crois que je me suis fais repérer…) Donc comme je suis une française entraînée à râler je passe à la phase 2, et je gémis : « vous comprenez il faut absolument me livrer aujourd’hui, demain l’accès à mon immeuble est bloqué » ou alors « j’ai de gros problèmes de dos, j’ai mal aux cheveux , au genou etc etc, ma grand-mère est malade, mon mari va me quitter si vous ne livrez pas aujourd’hui » .
Le résultat est variable, c’est un peu à la tête du client ! Heureusement pour moi et pour les finances de Carrefour, hier, c’est passé, sinon je crois que j’aurais laissé mon caddie sur place sans payer ! C’était le blues de la ménagère, ça fait du bien de temps en temps et demain j’irai au Cold Storage. Inch Allah comme disent les guinéens !
Comme chaque année dans tous les pays du monde, les dirigeants annoncent la couleur de la nouvelle année et leurs grands objectifs.
A Singapour, sur fond de crise latente, le message est clair, tiré du Strait Time du 1er janvier : Singaporeans come first for Govt. Les Singapouriens sont donc la « top priority ». On comprend bien que le soutien en matière d’emploi, de formation ou d’aide sociale soit essentiel pour les Singapouriens, qui restent prudents devant la relative amélioration de la situation économique mondiale, et ils ont bien raison, la partie n’est pas gagnée.
Le petit détail qui change par rapport à l’an dernier concerne directement les travailleurs étrangers de Singapour : j’ai ainsi appris que l’emploi résident a augmenté de 20000 (personnes j’imagine) alors que l’emploi des étrangers a baissé d’exactement 20 000, pour les 3 premiers trimestres de 2009. Derrière le vocable étranger, on rassemble tous ceux qui construisent des immeubles, les maids philippines, les nombreux détenteurs de petits boulots, du genre laveurs de voiture, et les expatriés. Etant donné que les immeubles ne cessent de pousser dans la ville, je pense que les plus touchés par ces mesures vont être les expatriés, notamment ceux qui étaient embauchés sur des missions à durée déterminée ou sur des projets qui sont de plus en plus différés.
Beaucoup, une fois virés, cherchent de nouveaux contrats locaux et se voient opposer la mention Singaporean Only. D’autres essaieront sans doute de devenir résidents, mais là encore les accès au statut de résident vont sûrement diminuer, si ce n’est déjà fait. Reste le départ de la cité du Lion, et à vrai dire le mouvement est déjà largement entamé : mauvaise nouvelle pour les expat qui restent ; ils doivent se ruiner en cadeaux de départ et n’en auront plus quand eux partiront, faute de généreux donateurs. Il va falloir inventer le pot de départ éventuel… Je suis sûre que le Premier ministre de Singapour n’a pas pensé du tout à cet épineux problème de cadeaux de départ en annonçant ses mesures pour 2010.
Bien que le jeu soit interdit à Singapour, du moins à ma connaissance, j’ai déniché dans les présentoirs d’un temple bouddhiste, ce petit prospectus tout à fait édifiant sur les méfaits du jeu.
L’image est forte, on utilise une gentille petite fille totalement brimée avec son gros cochon rempli d’économies qui va bientôt être brisé, et voici quelques extraits traduits et commentés des explications qui se trouvaient à l’intérieur.
« L’addiction au jeu peut conduire à de sérieux problèmes pour les joueurs et leur familles. » Tout le monde est d’accord avec cela. Pragmatiques, nos amis singapouriens précisent que « le problème croit de façon proportionnelle avec le montant des sommes mises en jeu ». Et oui, petites pertes ou gains, petits problèmes, grosses pertes ou gains, gros problèmes…
Question suivante : comment les problèmes liés au jeu commencent ?
Explication : Il y a trois phases
1/ on gagne, jouer est un passe temps social où les joueurs font leur première expérience excitante de gains. En Asie, tout commence par le Mah Jong et c’est comme tout, les première fois, ça fait vibrer…
2/ le joueur commence à perdre et doit jouer de plus en plus pour rattraper ses pertes. Sauf s’il décide de s’arrêter… ou de se mettre au Monopoly.
3/ Desperation, i.e total désespérance, la vie du joueur rentre dans une spirale sans fin faite de remords et de sentiments de ne pouvoir s’en sortir. La nature humaine est décidément faible. Heureusement à Singapour on a des solutions, appeller le numéro 1800 6 668 668, Stop Problem Gambling. (d’ailleurs tout cet article vient de la pub pour ce service)
Et comme les singapouriens sont des grands organisateurs, ils nous donnent les signes caractéristiques des joueurs dépendants, comme cela vous pourrez les reconnaitre dans la rue ou dans votre entourage et appeller le numéro ci dessus. Voici les signes avant coureur :
1/ on joue plus longtemps que prévu, c’est foutu pour moi, je suis capable de jouer aux cartes jusqu’à point d’heure
2/on joue jusqu’à ce que le dernier dollar soit dépensé. Là je dis que ce n’est pas tout à fait vrai, certains laissent sur la table de poker leur montre, leur chemise, les clés de la BM, ses chaussettes et je m’arrête là pour ne point choquer. Je recommende à ce sujet le très bon film « le Coach » qui passe sur les télés d’Air France.
3/ En plus de perdre son argent, on perd le sommeil, on déprime et on peut même aller jusqu’au suicide. Pas cool. Pas envie de commenter.
4/ On joue de l’argent prévu pour d’autres dépenses, mais qui peut honnêtement dire qu’il n’a jamais craqué sur 4 paires de pompes dans une crise d’achat compulsif pour économiser ensuite sur les céréales de ses enfants chéris et leur servir des pâtes à l’eau.
5/ On essait plusieurs fois sans succès d’arrêter le jeu. C’est comme la clope, la bouffe, le shopping, le travail, l’alcool, la drogue etc etc, bref ici on définit l’addiction, rien à dire de plus.
6/ On emprunte de l’argent pour jouer. ou pour s’acheter un appartement en Europe !
Voilà, nous savons tout sur le jeu et les méfaits qu’il procure, ce n’est pas inutile de revenir de temps en temps aux réalités de ce monde et de faires des piqûres de rappel de moralité. Ceci dit, je me dis que pour être un financier qui rapporte beaucoup d’argent en faisant des placements risqués, il faut avoir l’âme d’un joueur. Quand on pense que Singapour est une place financière non négligeable dans ce petit monde, on peut faire un parallèle rapide entre la mentalité du joueur de Mah Jong et l’activisme financier de certains. Voilà mon explication réductrice à deux balles de la richesse de cet Etat, comme les singapouriens ne peuvent pas jouer, forbidden, ils font des affaires. Le hic, c’est qu’ils vont bientôt ouvrir un casino géant !
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